Après MAJO, le carnet de dégustation, voici l’enquête. « Matcha · Mythes & Vérités » est mon nouveau livre, conçu et écrit à Fukuoka : 101 questions, 12 chapitres, et une seule ambition, remettre de la précision dans un sujet devenu étonnamment flou.
Pourquoi ce livre, maintenant
Le matcha est partout. Dans les lattes, dans les cookies, dans les smoothies, dans les contenus viraux qui se ressemblent tous. À mesure qu’il a gagné le grand public, les approximations se sont multipliées : mythes marketing, raccourcis historiques, confusions techniques.
Vivant au Japon depuis plusieurs années, j’ai assisté de près à cette transformation. Les magasins rationnent les ventes selon les périodes. Les fournisseurs resserrent les conditions. Les contenus produits par des outils automatisés reproduisent les mêmes affirmations inexactes de site en site, créant une illusion de consensus par simple répétition. Un chiffre faux cité sur un blog est repris par dix autres, jusqu’à devenir une « vérité » acceptée.
Et pourtant, derrière cette poudre verte présentée tantôt comme produit miracle, tantôt comme simple ingrédient de pâtisserie, il y a une réalité que presque personne ne raconte : celle des plantations, de l’histoire, des pratiques culturelles, et d’une économie agricole japonaise sous tension extrême.
Aucun livre en français ne répondait vraiment à ce que l’on cherche à savoir sur ce produit. Pas un guide d’achat. Pas un manuel de cérémonie. Pas un énième éloge superficiel.
J’ai écrit celui que je voulais lire.
Ce livre ne vend pas le matcha. Il l’explique.

La promesse : 101 questions, une structure claire
« Matcha · Mythes & Vérités » s’articule autour d’une mécanique simple, répétée 101 fois : une question, un mythe, une vérité, l’essentiel à retenir, puis l’explication détaillée et sourcée.
Cette structure n’est pas un effet de style. C’est une discipline. Pour chaque affirmation qui circule — « le matcha contient 137 fois plus d’antioxydants que le thé vert », « le matcha cérémonial est un grade officiel », « le matcha latte Starbucks contient du vrai matcha », le livre commence par énoncer la croyance courante, puis confronte cette croyance aux faits documentés.
Les sources sont explicites : publications scientifiques à comité de lecture (PubMed, Frontiers, PLoS One), institutions japonaises spécialisées (MAFF, EFSA), praticiens du chadō formés dans les grandes écoles. Une véritable expertise se reconnaît surtout à sa capacité à nuancer, pas à promettre.
Chaque question fonctionne de façon autonome. Le livre peut être lu dans n’importe quel ordre, et des renvois (Q→Q) permettent de naviguer entre questions liées. Les termes japonais sont transcrits avec macron (fūdo, chadō, koicha), conformément au système Hepburn standard.

Trois façons de lire ce livre
Tous les lecteurs n’ont pas la même curiosité ni le même point de départ. J’ai donc proposé trois parcours, en ouverture du livre, pour que chacun puisse entrer par la porte qui lui correspond.
Le découvreur veut comprendre l’essentiel sans se perdre dans les détails techniques. Son parcours suggéré : Chap. I → II → X → XI. Cinq questions clés suffisent à poser les bases (Q1, Q6, Q76, Q86, Q90).
Le praticien consomme déjà du matcha et veut distinguer le bon produit de l’argument marketing. Pour lui : Chap. I → III → V → IX, en s’arrêtant en particulier sur les questions sur la qualité, les grades, et les sources fiables (Q15, Q33, Q41, Q67, Q100).
Le connaisseur · professionnel du thé, formateur, passionné sans limite, peut entrer par le glossaire (p. 268) et procéder à une lecture intégrale, linéaire.
Chaque chapitre s’accompagne de pages de synthèse visuelles : anatomie du chawan, histoire du matcha en frise chronologique, anatomie d’un bol, signaux d’alerte sur les étiquettes, six objets essentiels de la cérémonie. La densité documentaire est compensée par un travail typographique exigeant, le livre a été composé en EB Garamond et Cormorant SC/Garamond, dans un format qui respecte la lecture longue.

Douze chapitres pour comprendre une poudre
Le sommaire suit une progression logique, du champ au bol, du geste à la santé, de l’histoire à l’avenir :
I. Qu’est-ce que le matcha ? · Sens du mot, différence avec le thé vert ordinaire, raisons de sa couleur, finesse de la poudre, science de la mousse.
II. L’histoire du matcha · Origine chinoise sous les Song, transmission par le moine Eisai en 1191, abandon par la Chine, codification par Sen no Rikyū, quasi-disparition à l’ère Meiji.
III. Les plantations & la culture · L’ombrage, le tencha, la récolte manuelle, les régions productrices et leurs différences réelles.
IV. La fabrication · Du tencha à la poudre fine, le rôle des moulins en pierre (ishi-usu), pourquoi la chaleur est l’ennemie n°1, comment se conserve un matcha de qualité.
V. Les grades et la qualité · La question piège du « cérémonial » (un terme sans aucune définition réglementaire), pourquoi certains matcha coûtent 10 € et d’autres 200 €, comment évaluer la fiabilité d’une source.
VI. Les origines du goût : terroirs & cultivars · Uji, Nishio, Yame, Kagoshima : ce qui change vraiment d’une région à l’autre. Okumidori, Asahi, Samidori, Yabukita : pourquoi le cultivar compte autant que le terroir.
VII. Le goût : dégustation & sensoriel · Apprendre à goûter, l’umami, la crémosité, les arômes d’algues ou d’herbe, l’astringence, le rôle de la mousse.
VIII. Les objets et la cérémonie · Le chasen, le chawan, le chashaku, le natsume, le fukusa, le tokonoma, le roji, le sens véritable d’ichigo ichie.
IX. Préparer le matcha · Eau, température, dosage, gestes, la différence entre koicha et usucha, le matcha froid, la question du sucre.
X. Matcha & santé · Le mythe du superfood, les antioxydants, la L-théanine, la caféine, la perte de poids, la consommation quotidienne, chiffres et études à l’appui.
XI. Le matcha dans le monde · Le matcha latte, le cas Starbucks, la mécanique du marketing, la pénurie japonaise, les menaces sur la production artisanale.
XII. L’avenir du matcha · Industrialisation, matcha coréen, matcha chinois, possibilité d’une appellation d’origine protégée, survie de la cérémonie du thé, ce qu’il restera dans cinquante ans.

Quelques exemples de mythes démontés
Le chiffre 137. « Le matcha contient 137 fois plus d’antioxydants que le thé vert » est sans doute l’affirmation la plus répétée au monde sur le matcha. Une recherche exacte de cette occurrence retourne des centaines de pages, en français comme en anglais, presque toutes sans source primaire citée. L’origine ? Une étude de Weiss et Anderton (2003) qui comparait un seul composé (l’EGCG) dans un matcha à un thé spécifique appelé China Green Tips. Cette comparaison précise a été transformée en affirmation générale sur tous les antioxydants de tous les thés verts. Le matcha est effectivement plus riche en catéchines que les thés verts infusés ordinaires : mais le chiffre 137, tel qu’il circule, dit plus qu’il ne prouve.
Le matcha cérémonial. L’appellation n’a strictement aucune définition réglementaire. N’importe qui peut l’écrire. Premium, grand cru, naturel : autant de termes marketing sans aucun contrôle. Le seul label vérifiable, c’est le bio (JAS, EU-organic, USDA), et encore : il garantit l’absence d’intrants, pas la qualité du produit.
Le matcha latte des grandes chaînes. Le mélange utilisé par Starbucks contient bien du matcha, principalement japonais. Mais c’est un matcha culinaire industriel, mélangé à du sucre, qui figure souvent en premier ingrédient sur l’étiquette. Un usucha traditionnel utilise 1,5 à 2 g de poudre pour 60 à 80 ml d’eau. Dans un latte de chaîne, la poudre pré-sucrée est diluée dans 250 à 350 ml de lait : la part de matcha pur dans le breuvage final est une fraction de ce que le terme laisse entendre. Le mot apparaît sur le menu. La quantité, jamais.
La pénurie du matcha qui s’annonce. Le nombre de ménages producteurs de thé au Japon est passé de plus de 53 000 en 2000 à 12 353 en 2020, un déclin de 77 % en vingt ans. La hausse de la demande mondiale ne profite pas mécaniquement aux petits producteurs artisanaux. Elle les expose, au contraire, à une pression économique, humaine et foncière inédite. Ce qui est menacé n’est pas seulement la qualité du matcha : c’est la transmission d’un savoir-faire agricole irremplaçable.

Une trilogie qui prend forme depuis Fukuoka
Ce livre ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans la continuité d’un travail commencé en 2025, dont chacune des étapes éclaire la suivante.
MAJO – Carnet de dégustation & mémoires sensorielles, publié fin 2025, posait le geste : observer, préparer, déguster, ressentir, noter. Un outil pour transformer la consommation distraite en pratique consciente, page après page, bol après bol.
L’article Écriture manuscrite, mémoire et matcha, publié en janvier 2026, expliquait pourquoi cette pratique fonctionne du point de vue des neurosciences : l’hippocampe, le geste, l’ancrage spatial, la mémoire sensorielle qui se construit dans la main avant de se construire dans la tête.
« Matcha · Mythes & Vérités » referme le triptyque par le haut : la connaissance. Une fois le geste appris (MAJO) et la pratique inscrite dans la mémoire (l’écriture), il restait à fournir le savoir ; précis, sourcé, vérifiable ; qui permet de regarder une étiquette sans se faire piéger, de lire un article sans tomber dans le panneau, et de comprendre ce que l’on goûte à partir de ce que l’on sait.
Ces trois ouvrages forment un ensemble cohérent : pratiquer, mémoriser, comprendre. Chacun fonctionne seul. Ensemble, ils construisent une relation au matcha qui ne dépend plus du marketing.

Pour qui est ce livre ?
Pour qui n’aime pas qu’on lui raconte des histoires.
- Les amateurs curieux qui ont commencé à boire du matcha sans toujours savoir ce qu’ils achètent.
- Les professionnels du thé, sommeliers, formateurs, qui ont besoin d’une référence en français.
- Les journalistes et créateurs de contenu qui veulent vérifier une source avant d’écrire.
- Les restaurateurs et torréfacteurs qui élargissent leur carte au matcha et cherchent à parler juste.
- Les passionnés du Japon qui veulent comprendre la culture du chadō sans la fantasmer.
Et plus largement, pour quiconque considère que la précision est une forme de respect, respect du produit, respect des producteurs, respect des lecteurs.
Comment se procurer le livre
« Matcha · Mythes & Vérités » est disponible dès maintenant en édition imprimée.
➡️ Le livre sur Amazon ISBN : 978-969-9298-94-3 · Première édition · 2026
Comme pour MAJO, je comprends parfaitement les réserves légitimes envers cette plateforme. Mais vivant au Japon, sans éditeur pour le moment, aucune structure française ne peut offrir un service commercial équivalent pour un auteur expatrié : livraison mondiale, qualité d’impression constante, absence de stock initial. Si l’accueil est au rendez-vous, une seconde édition artisanale, en petit tirage, distribuée autrement, est sur la table, comme pour MAJO.
Une page web compagnon, jimmybraun.org/matcha, regroupe les mises à jour bibliographiques, les corrections et les compléments documentés depuis la parution. Parce que la recherche évolue, et qu’un livre rigoureux doit pouvoir vivre au-delà de sa date d’impression.
Soutenir un travail indépendant
Ce livre est un projet d’auteur, sans éditeur, sans budget marketing, sans relais médiatique organisé. Il existe parce qu’il manquait, et parce que plus de quinze ans de pratique, des visites chez les producteurs, des centaines d’heures de lectures et de vérifications ont fini par produire quelque chose de tangible.
Si « Matcha · Mythes & Vérités » vous accompagne, le bouche-à-oreille et un avis en ligne restent, aujourd’hui encore, ce qui porte le mieux un ouvrage indépendant. Chaque lecteur compte, et chaque retour fait avancer le projet.
Le matcha mérite mieux que des slogans. Il mérite d’être compris, comme plante, comme technique et comme culture.
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➡️ Lire : pourquoi tenir un carnet de dégustation change tout
Un bol, un geste, un moment — et désormais, le livre qui les explique.
