Comportements agressifs dans l'enfance

Comportements agressifs dans l’enfance : enracinés dans la génétique et influencés par l’environnement

Prévenir la violence des enfants doit être pris en charge tôt et rapidement. La difficulté de différencier un comportement normal d’un comportement pathologique pousse les chercheurs et les psychologues à trouver régulièrement de nouvelles sources.

Selon une nouvelle étude psychosociale, publiée en décembre 2017 dans la revue PLOS One, les types de comportements agressifs réactifs et proactifs chez les enfants âgés de 6 ans partagent la plupart des mêmes facteurs génétiques. Cependant, leur évolution dans le temps semble être influencée par divers facteurs environnementaux, suggérant la nécessité de développer différentes méthodes d’intervention.

Génétique et environnement : facteurs clefs dans l'agressivité

Génétique et environnement : facteurs clefs dans l’agressivité


Les cas d’agression et de harcèlement révélés et discutés dans les médias, que ce soit en Europe, au Canada ou aux États-Unis sont en forte progression ces dernières années. Pourquoi les gens ont-ils ces types d’impulsions agressives ? Pour trouver une réponse, des chercheurs en sociologie à l’Université de Montréal (Canada) ont mené une étude sur 555 séries de jumeaux pour comparer l’incidence du comportement agressif proactif et réactif.

Les résultats démontrent qu’à l’âge de 6 ans, les deux types d’agression ont la plupart des mêmes facteurs génétiques, mais que le comportement diminue chez la plupart des enfants à mesure qu’ils vieillissent. Les augmentations ou les diminutions de l’agressivité entre 6 et 12 ans semblent être influencées par divers facteurs environnementaux plutôt que génétiques.

Penser à élever des enfants booste la mémoire

Les chercheurs soulignent que « trop souvent, nous oublions que l’agression est une partie fondamentale du développement social d’un jeune enfant ». En effet, les êtres humains montrent les plus hauts niveaux de comportement agressif envers leurs pairs âgés de 2 et 4 ans. Lorsque les enfants grandissent, ils apprennent à gérer leurs émotions, à communiquer avec les autres et à gérer les conflits. Ils sont alors capables de canaliser leurs impulsions agressives (proactives ou réactives).

L’agression proactive désigne un comportement physique ou verbal destiné à dominer ou à obtenir un avantage personnel au détriment des autres, alors que l’agression réactive est une réponse défensive à une menace perçue. Alors que certains enfants ne présentent que des comportements agressifs réactifs, l’agression proactive et réactive est généralement étroitement liée.

Des jumeaux passés à la loupe pour mieux comprendre les comportements agressifs

Des jumeaux passés à la loupe pour mieux comprendre les comportements agressifs


Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont réuni une cohorte de jumeaux québécois comprenant 223 paires de jumeaux monozygotes, c’est-à-dire avec un code génétique identique, ainsi que 332 paires de jumeaux fraternels. Ceci a permis de déterminer si les différences individuelles observées dans l’agression proactive et réactive étaient dues à des facteurs génétiques ou environnementaux.

Les comportements agressifs des enfants ont été évalués et documentés par leurs enseignants à 6, 7, 9, 10 et 12 ans. Les résultats de l’étude ont également démontré que les facteurs génétiques influençant l’agression à l’âge de 6 ans sont différents de ceux associés aux changements de comportement jusqu’à l’âge de 12 ans. Cela suggère un processus de maturation génétique commun, y compris la maturation des fonctions cognitives telles que la planification, la prise de décision, le contrôle et la concentration.

Agression proactive et réactive dans l'enfance

Enfin, avec ces résultats, les chercheurs peuvent maintenant passer à l’étude de facteurs sociaux spécifiques associés aux changements dans l’agression proactive et l’agression réactive dans l’enfance.

Ce travail aura également un impact direct sur les pratiques cliniques et les programmes de prévention de la violence. Les résultats ont révélé l’importance de développer différentes méthodes de prévention pour une agression réactive et proactive, en particulier en offrant un soutien aux familles et en fournissant des interventions dans les écoles.

Pour conclure, ces résultats corroborent ceux d’autres études antérieures, démontrant que les programmes destinés à prévenir les agressions réactives doivent s’attacher à réduire les expériences de victimisation, tandis que ceux destinés à contrer l’agression proactive doivent être basés sur le développement de valeurs pro-sociales.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Janvier 2018


Sources externes

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