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Lutte contre la Covid-19 : la vitamine D recommandée ?

Le monde entier est touché depuis plus d’un an par la pandémie liée à la Covid-19 donnant lieu à une crise sanitaire qui ne désemplit pas. Devant les risques encourus par la population mondiale, une majorité des acteurs de la recherche scientifique s’est focalisée sur un unique but : fabriquer un vaccin.

Néanmoins, et en attendant d’atteindre cet objectif, il semble utile de connaître ce qui pourrait ralentir la propagation virale.

Par conséquent, et du fait notamment des problèmes respiratoires aigus causés par l’infection, nombre d’experts scientifiques se sont également orientés vers la nutrition et plus particulièrement vers une hormone stéroïde bien connue qu’est le calcitriol, ou plus communément appelée la vitamine D.

La vitamine D ou calciférol, appartient au groupe des vitamines liposolubles. Il existe deux formes de vitamine D, la vitamine D2 (ergocalciférol) synthétisée par les végétaux et la vitamine D3 (cholécalciférol) présente chez les animaux.

Utilité clinique du dosage de la vitamine D. HAS, 2013.
Les recherches internationales

Les recherches internationales


L’intérêt pour le rôle de la vitamine D réside dans la prévention ou le traitement des infections respiratoires et remonte aux années 1930, lorsque l’huile de foie de morue fut étudiée comme un moyen de réduire l’absentéisme causé par le rhume dans le milieu industriel.

Plus récemment, de 2007 à 2020, des méta-analyses ont été menées et celles-ci révèlent bien des effets protecteurs de la vitamine D contre les infections respiratoires aiguës. Le lien entre les facteurs de risque de la forme sévère de la Covid-19 et la carence en vitamine D, y compris l’obésité, l’âge avancé et l’origine ethnique, a conduit certains chercheurs à émettre l’hypothèse qu’une supplémentation pourrait être prometteuse dans un cadre préventif ou thérapeutique du virus.

En outre, les métabolites de la vitamine D sont connus depuis plusieurs années pour soutenir les mécanismes antiviraux innés, c’est-à-dire mis en place dans notre organisme depuis la naissance.

Depuis le début de la crise sanitaire, les données des laboratoires relatives aux effets directs de la vitamine D sur les réponses de l’hôte au SARS-CoV-2 ne semblent pas toujours concluantes. Néanmoins une étude a rapporté un effet inhibiteur du composé actif de la vitamine D, le calcitriol (appelé aussi « 1,25-dihydroxyvitamine D »), dans les cellules épithéliales nasales humaines (épithélium olfactif) infectées par le SARS-CoV-2.

Il a également été démontré que la vitamine D régule les réponses inflammatoires immunopathologiques dans le contexte d’autres infections respiratoires. Ces effets sont influencés par la régulation du système rénine-angiotensine qui, dans les formes graves de la Covid-19, est suractivé et lié à un mauvais pronostic.

De plus, des concentrations sanguines plus faibles en 25-(OH)-D, le marqueur de la vitamine D dans le sang, ont été associées à une sensibilité plus élevée au SARS-CoV-2. Cela peut expliquer pourquoi les personnes âgées sont plus durement touchées par le virus, le taux sanguin de 25-(OH)-D diminuant naturellement avec l’âge.

Toutes les études menées à l’international ne démontrent pas un lien direct entre la vitamine D et la Covid-19, néanmoins il est toujours bon de maintenir les efforts permettant d’atteindre les apports nutritionnels de référence en vitamine D, soit au moins 15 microgrammes par jour pour un Français adulte selon l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail).

Ces apports recommandés reposent sur les avantages de la molécule à maintenir la santé des os et le bon fonctionnement du système immunitaire mais, au vu des avancées scientifiques actuelles, il est possible que leur mise en œuvre réduise également l’impact de la Covid-19 dans les populations parmi lesquelles le manque en vitamine D est répandu. Cette méthode pourrait s’avérer utile en France où près de 40% de la population est sous risque de carence d’après la HAS (Haute Autorité de Santé).

Que dit la recherche française ?

Que dit la recherche française ?


Très récemment dans le cadre de la lutte contre la pandémie, un conseil de 73 experts francophones et 6 sociétés savantes* réunis autour des Professeurs Cédric Annweiler et Jean-Claude Souberbielle, spécialistes de la vitamine D, appellent dans un communiqué à supplémenter l’entièreté de la population.

Cela aurait pour but de diminuer le risque d’infections, de formes graves, de passages hospitaliers en réanimation et aussi de décès. Ils insistent sur le fait que cette supplémentation ne doit pas être réservée aux personnes âgées ou aux personnes à risques uniquement.

Pour étayer leur motivation le conseil s’appuie sur le nombre croissant d’études indiquant une interaction complexe entre le SARS-CoV2 et le système immunitaire humain. Au sein de cette interaction la vitamine D, en son rôle d’hormone sécostéroïde (molécule parente des stéroïdes), serait capable de moduler l’activité du système rénine-angiotensine et notamment l’expression de l’ACE2 qui est une protéine cellulaire utilisée par le SARS-CoV-2 pour infecter les cellules hôtes.

L’ACE2 exerce des effets protecteurs contre l’inflammation dans plusieurs organes dont les poumons. Au cours de l’infection, la régulation négative de la protéine ACE2 par le SARS-CoV-2 entraîne une réaction inflammatoire qui peut se compliquer d’un syndrome de détresse respiratoire aigüe avec un risque de décès élevé.

Actuellement ce panel de scientifiques met en place un essai clinique randomisé nommé COVIT-TRIAL afin de vérifier chez les personnes âgées infectées par la Covid-19 les effets d’une supplémentation en vitamine D à fortes doses par rapport à des doses standard.

Évidemment, ce conseil d’experts n’indique en aucun cas de considérer une supplémentation en vitamine D comme meilleure ou égale au vaccin ou même aux gestes barrières.

Il est nécessaire de voir cette méthode comme un adjuvant à celles déjà mises en place par l’État. S’il est avéré que la vitamine D opère bel et bien un effet thérapeutique sur l’infection causée par le SARS-CoV-2, la suite se trouvera entre les mains des gouvernements et des organisations internationales de santé quant à l’application d’un message sanitaire efficace.

Quoi qu’il en soit et en attendant des résultats concluants, veiller à atteindre les apports journaliers recommandés en vitamine D est important.

Pour cela une exposition au soleil de 15 minutes entre 11h et 14h (en France métropolitaine) semble remplir 80 à 90% des besoins. Le reste peut se compléter par l’alimentation**.

Liste d’aliments contenant de la vitamine D


AlimentsVitamine D

Pour 100 grammes (g) en microgramme (µg) ***
Huile de foie de morue250 µg
Foie de morue cru100 µg
Hareng fumé14,5 – 17,7 µg
Hareng grillé10,2 µg
Saumon cuit à la vapeur­8,7 µg
Saumon grillé/poêlé5,82 µg
Saumon fumé5,45 µg
Truite fumée5,2 µg
Thon au naturel5,08 µg
Boisson au soja non enrichie< 0,5 µg
Champignons de Paris crus0,3 µg

© Février 2021 – Thomas GAUDIN – Blog Nutrition Santé

Sources 


Ce blog nutrition santé n’a pas vocation à remplacer votre relation avec votre médecin traitant. Les renseignements contenus sur le Blog Nutrition Santé sont tous rédigés avec des sources scientifiques et ne peuvent pas répondre à des questions médicales spécifiques, mais sont donnés à des fins purement informatives et complémentaires.

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Par Thomas GAUDIN

Expert Nutrition - Rédacteur pour Blog Nutrition Santé

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