Même la plus légère des maladies peut réduire notre vigilance

Même la plus légère des maladies peut réduire notre vigilance

Les résultats d’une étude révèlent une sensibilité neurophysiologique unique à l’inflammation légère et aiguë du réseau neuronal qui sous-tend les fonctions d’alerte de l’attention.

Observées en l’absence de diminution de la performance, ces nouvelles découvertes suggèrent que l’inflammation aiguë requiert que les individus exercent un effort cognitif plus important lorsqu’ils se préparent à une tâche afin de maintenir une performance comportementale adéquate.

Des scientifiques ont découvert une explication possible à la morosité qui accompagne souvent une maladie.

Les résultats de l’étude sont publiés dans la revue NeuroImage du 15 novembre 2019.

Découverte sur le brouillard cérébral


Un grand nombre de personnes souffrant d’un problème de santé chronique dans le monde signalent à leur médecin une fatigue mentale grave qu’ils qualifient parfois de paresse ou de brouillard cérébral.

Cette condition est souvent aussi débilitante que la maladie elle-même.

Des études antérieures soulignent qu’il existe une multitude de causes au brouillard cérébral : l’annonce d’une maladie, l’anxiété, la fatigue, l’action neurotoxique de certains traitements (chimiothérapie, etc.), le stress oxydatif, les troubles hormonaux ou immunitaires.

Les signes et les symptômes du brouillard cérébral sont variables : confusion ; difficulté à se concentrer ; trous de mémoire ; sensation d’avoir le cerveau embrumé ; difficulté à accomplir les tâches de routine ; troubles avec ses aptitudes langagières ; difficulté à s’exprimer avec des mots, de se rappeler des mots ou de nommer des objets, de comprendre les mots ou les conversations et écrire.

La régulation du sommeil par des facteurs cognitifs et émotionnels

Une équipe de chercheurs a étudié le lien entre ce brouillard mental et l’inflammation, la réponse du corps à la maladie.

Dans leur étude, ils montrent que l’inflammation semble avoir un impact particulièrement négatif sur la capacité du cerveau à atteindre et à maintenir un état d’alerte.

Les scientifiques soupçonnent depuis longtemps un lien entre l’inflammation et la cognition, mais il est très difficile de définir clairement la cause et l’effet.

Par exemple, les personnes vivant avec un problème de santé ou souffrant d’un surpoids excessif pourraient se plaindre de troubles cognitifs. Mais il est difficile de dire si cela est dû à l’inflammation associée à ces conditions ou s’il y a d’autres raisons.

Ces recherches ont identifié un processus critique spécifique dans le cerveau qui est clairement affecté par l’inflammation.

Inflammation et fonctions cérébrales


L’étude s’est concentrée spécifiquement sur une zone du cerveau responsable de l’attention visuelle.

Un groupe de 20 jeunes volontaires masculins ont pris part à ce programme et ont reçu un vaccin (contre la typhoïde et contre la salmonelle) qui provoque une inflammation temporaire, mais présente « peu d’autres effets indésirables » selon les auteurs.

Ensuite, ils ont été testés quelques heures après l’injection pour déterminer les réponses cognitives à des images simples sur un écran d’ordinateur, afin de pouvoir mesurer leur capacité à contrôler leur attention. L’activité cérébrale a été mesurée pendant qu’ils effectuaient les tests d’attention.

Un jour avant ou après leur test, ils ont reçu une injection d’eau (un placebo) et ont fait les mêmes tests d’attention. Chaque jour du test, ils ne savaient pas quelle injection ils avaient reçue. Leur état d’inflammation a été mesuré en analysant le sang prélevé chaque jour.

BROUILLARD CÉRÉBRAL OU «CHEMOBRAIN »

Les tests utilisés dans l’étude ont évalué trois processus d’attention distincts, chacun impliquant des parties distinctes du cerveau.

Ces processus sont : l’alerte, ce qui implique d’atteindre et de maintenir un état d’alerte ; l’orientation, ce qui implique de sélectionner et de hiérarchiser les informations sensorielles utiles ; et le contrôle exécutif utilisé pour résoudre les problèmes auxquels il faut prêter attention lorsque les informations disponibles sont en conflit.

Les résultats ont montré que l’inflammation affectait spécifiquement l’activité cérébrale pour rester alerte, tandis que les autres processus de l’attention ne semblaient pas affectés par l’inflammation.

Ces résultats montrent clairement qu’il existe une partie très spécifique du réseau cérébral affectée par l’inflammation et cela pourrait expliquer le brouillard cérébral.

Une avancée majeure pour améliorer les traitements


Cette recherche constitue une avancée majeure dans la compréhension des liens entre la santé physique, cognitive et mentale. Les résultats indiquent que même la plus légère des maladies peut réduire la vigilance.

Mieux comprendre les relations entre l’inflammation et les fonctions cérébrales aidera les professionnels de la santé et les chercheurs à explorer d’autres moyens de traiter certaines de ces affections.

Enfin, « des études pourraient montrer que la prise d’anti-inflammatoires pour aider à préserver ou à améliorer la fonction cognitive pourrait être bénéfique pour les patients souffrant d’inflammation chronique, tels que l’obésité, une maladie rénale ou la maladie d’Alzheimer », ajoutent les auteurs.

Par ailleurs, des modifications subtiles de la fonction cérébrale peuvent être utilisées comme un marqueur précoce de la détérioration cognitive chez les patients atteints de maladies inflammatoires.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Novembre 2019

Chacun son régime ! Livre Nutrition Santé

Ce blog nutrition santé n’a pas vocation à remplacer votre relation avec votre médecin traitant. Les renseignements contenus sur le Blog Nutrition Santé sont tous rédigés avec des sources scientifiques et ne peuvent pas répondre à des questions médicales spécifiques, mais sont donnés à des fins purement informatives et complémentaires.

Lire la suite.

Sources externes


Leonie JT. Balter, Jos A. Bosch, Sarah Aldred, Mark T. Drayson, Jet JCS. Veldhuijzen van Zanten, Suzanne Higgs, Jane E. Raymond, Ali Mazaheri. Selective effects of acute low-grade inflammation on human visual attention. NeuroImage, 2019; 202: 116098 DOI: 10.1016/j.neuroimage.2019.116098, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1053811919306895

Photos © Natasha Connell ; David Matos ; Road Trip with Raj ; Brunel Johnson ; Abishek

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.