Des indices visuels subtils sur un visage permettent de distinguer une maladie

Des indices visuels subtils sur un visage permettent de distinguer une maladie

La reconnaissance faciale est un phénomène très tendance. Cette nouvelle technologie permet de nombreuses applications liées à la sécurité en étant un moyen d’adapter la vérification biométrique à différentes situations.

Même si l’efficacité de cette technologie n’est pas encore absolue pour la sécurité, comme le montrent des failles révélées à propos de dernier smartphone d’Apple (iPhone X), il est fort probable que les domaines de la santé en bénéficient prochainement.

En attendant, de remplacer les humains par des machines, des scientifiques ont découvert la capacité qu’ont les humains à reconnaître des gens malades autour d’eux, uniquement en regardant leur visage.

En effet, une étude suédoise, publiée le 3 janvier 2018 dans la revue Proceedings of The Royal Society B, indique que des indices visuels subtils nous permettent de distinguer une personne malade, d’une personne bien portante. Cette étude fait suite à une autre découverte récente sur la capacité du cerveau humain et de ses fonctions à détecter des signaux subtils indiquant la maladie — et menant à l’évitement des personnes malades est une façon adaptative de faire face à un environnement rempli d’agents pathogènes.

La maladie est écrite sur votre visage

Une maladie peut se lire sur votre visage


Il est possible de reconnaître des différences subtiles dans l’apparence de la peau, de la bouche et des yeux comme signes de maladie.

Des chercheurs de l’Université de Stockholm (Suède) ont étudié si les gens sont capables de détecter la maladie chez les autres en l’absence de comportements associés à l’infection, comme la toux. Ils ont montré à des volontaires non entraînés des photographies de femmes et d’hommes prises deux heures après une injection avec un placebo ou une molécule bactérienne qui déclenche une forte réaction immunitaire.

Les personnes qui ont vu ces images pendant plus de cinq secondes ont classé les visages comme étant soit malades, soit en bonne santé, et en étant plus précis que s’ils avaient choisi au hasard. La peau pâle et les paupières tombantes étaient les prédicteurs les plus forts de la maladie.

La privation de sommeil pourrait soigner la dépression

La capacité à détecter les signes précoces de la maladie pourrait avoir évolué dans l’espèce humaine pour éviter une interaction étroite lorsque le risque de contagion est élevé. La détection des individus malades a été proposée pour servir de première ligne de défense permettant aux individus d’éviter d’être contaminés par des pairs malades. La prémisse centrale de l’évitement de la maladie est que les infections constituent une menace majeure pour les individus, et que l’humanité et les autres animaux, grâce à l’évolution, ont développé une capacité à limiter la contagion.

La capacité à détecter les porteurs pathogènes via des signaux perceptifs
© Audrey Henderson, MSc, St Andrews University, Psychomorph.

La capacité à détecter les porteurs pathogènes via des signaux perceptifs


Alors que les cellules immunitaires ont évolué pour détecter les profils moléculaires des pathogènes envahisseurs, les comportements d’évitement doivent être guidés par une capacité à détecter les porteurs pathogènes via des signaux perceptifs.

Chez les animaux, l’évitement chimio-sensoriel des congénères malades est bien établi, et les animaux entraînés peuvent détecter des infections comme le Clostridium difficile chez les humains avec une sensibilité et une spécificité élevées.

Des données récentes suggèrent que les humains peuvent posséder des capacités similaires, car une maladie inflammatoire aiguë est associée à une odeur corporelle plus aversive et moins saine, et à des modifications de la marche par exemple. Alors qu’il a été démontré que les humains exposés à des comportements de maladie manifestes, comme la toux, répondent avec dégoût, anxiété et même un système immunitaire plus réactif, on sait moins comment nous pouvons détecter la maladie en observant l’homme, les visages, et les indices faciaux qui caractérisent une personne malade.

Le visage humain transmet des indices abondants sur les individus

Le visage humain transmet des indices abondants sur les individus. Il est une source primaire d’information dans la communication humaine. La symétrie, l’adiposité faciale et la coloration ont été proposées comme des facteurs importants dans la façon dont nous jugeons la santé chez les autres individus.

En conséquence, les visages des personnes gravement malades sont plus légers et moins rouges, et jugés moins sains. Il a également été indiqué que les gens peuvent détecter les patients atteints du VIH ou de l’herpès non symptomatique sur un site de rencontres en ligne à des niveaux allant au-dessus du hasard. Cette étude était basée sur des photos autosélectionnées de sujets qui s’étaient identifiés comme ayant ou n’ayant pas le VIH et/ou l’herpès sur un site de rencontres.

Considérant que les sites de rencontres sont affectés par des auto-présentations trompeuses, et que certains sujets classés comme sains peuvent avoir été malades, ces résultats ne peuvent pas être généralisables. Cependant, l’étude donne encore une indication que nous pouvons être en mesure de détecter les personnes atteintes d’une maladie chronique mieux que les niveaux aléatoires des photos seules. Pris ensemble, il y a un manque d’études bien contrôlées déterminant comment nous pouvons détecter les personnes gravement malades, et quels indices nous guident dans cette détection.

 Les aspects faciaux et les maladies

Enfin, le but était de déterminer s’il est possible d’identifier des personnes malades induites expérimentalement à partir d’images faciales et de préciser les indices qui contribuent à cette identification.

Il est bien connu que les humains jugent presque immédiatement les aspects faciaux de l’attractivité, de la fiabilité, de la dominance et des expressions des émotions fondamentales lorsqu’ils regardent un visage humain. Les études futures doivent distinguer comment les expressions faciales de la maladie se chevauchent avec celles des émotions de base telles que l’anxiété ou la peur, et avec quelle rapidité les humains recherchent des signes de maladie chez leurs pairs.

Les données présentées dans cette étude appuient la notion selon laquelle les humains sont capables de détecter des individus gravement malades d’un coup d’œil à partir de photos et qu’un certain nombre de signaux faciaux guident ce jugement. Plusieurs indices faciaux ont été affectés par la maladie, avec la pâleur des lèvres se faisant remarquer comme un signal important. Il est nécessaire de tester plus avant comment la précision peut être améliorée, par exemple par l’apprentissage, et si l’identification est similaire entre les maladies et les groupes ethniques.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Janvier 2018


Sources externes

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