Pourquoi bâillons-nous ?

Pourquoi le bâillement est-il contagieux ?

Le manque de sommeil ou l’insomnie sont très mauvais pour la santé. Mais pour bâiller pas besoin d’être fatigué. Le bâillement ne serait pas l’indicateur clef dans le fait d’être fatigué ou non.

Qui n’a jamais été pris d’un bâillement simplement en regardant son voisin bâiller ? Phénomène universel, ce cycle respiratoire paroxystique, associé à une ouverture totale de la bouche, peut arriver n’importe quand et n’importe où.  Il paraît que nous bâillons environ 250 000 fois au cours de notre vie, alors il est bien normal de s’intéresser au bâillement.

Bâiller est un phénomène d'échokinésie

Même si nous ne sommes pas fatigués, pourquoi bâillons-nous si quelqu’un d’autre le fait ?


Des experts de l’Université de Nottingham (Angleterre) ont publié des recherches qui suggèrent que la propension humaine au bâillement contagieux est déclenchée automatiquement par des réflexes primitifs dans le cortex moteur, dans une zone du cerveau responsable de la fonction motrice.

Leur étude a été publiée dans l’édition de septembre 2017 de la revue académique Current Biology. C’est une autre étape de leur recherche sur la biologie sous-jacente des troubles neuropsychiatriques et de leur recherche de nouvelles méthodes de traitement.

Leurs dernières découvertes montrent que notre capacité à résister au bâillement lorsque quelqu’un d’autre près de nous bâille est limitée. Et notre envie de bâillement est augmentée si nous sommes invités à résister au bâillement ! Mais, peu importe combien nous essayons d’étouffer un bâillement, cela pourrait changer la façon dont nous bâillons, mais cela ne changera pas notre propension à bâiller. Fait important, ils ont découvert que l’envie de bâiller (notre propension au « bâillement contagieux ») est individuelle, propre à chacun d’entre nous.

Les chercheurs suggèrent que « ces résultats peuvent être particulièrement importants pour mieux comprendre l’association entre l’excitabilité motrice et l’apparition d’échophénomènes dans un large éventail de conditions cliniques qui ont été liées à une excitation urinaire accrue et/ou à une diminution de l’inhibition physiologique comme l’épilepsie, la démence, l’autisme et le syndrome de Tourette« .

Les échophénomènes proviennent de l’échokinésie, une tendance retrouvée chez les humains et les animaux, qui correspondent à un comportement involontaire spontané à répéter ou imiter les mouvements d’un autre individu. L’échokinésie est très proche d’un autre phénomène bien connu comme de l’écholalie, qui est la répétition involontaire des paroles d’un autre individu.

Chez Blognutritionsante.com on n’aime bien les expressions et l’étymologie, alors pour ne plus faire d’erreur avec l’expression « Bayer aux corneilles », notez bien que « bayer » s’écrit différemment et n’a pas le même sens.  L’expression « Bayer aux corneilles » provient de la béatitude, et du sens propre, qui signifie rester bouche bée devant des oiseaux spectaculairement sans intérêt, rester béat, rêvasser, perdre son temps à regarder en l’air niaisement, et non pas bâiller aux corneilles, qui ne signifie rien. Enfin, rien ne vous empêche de bâiller devant un oiseau ! 😉

Bâillements, troubles psychiatriques et neurologiques

L’échokinésie n’est pas seulement un trait humain


Le bâillement contagieux est déclenché involontairement lorsque l’on observe une autre personne bâiller — c’est une forme commune des phénomènes de l’échokinésie — l’imitation automatique des mots d’autrui (écholalie) ou des actions (échopraxie). Et ce ne sont pas seulement les humains qui ont une propension au bâillement contagieux — par exemple les chimpanzés, les chats et les chiens le font aussi.

La base neurale des phénomènes de l’échokinésie est inconnue. Pour tester le lien entre l’excitabilité du cortex moteur et la base neurale pour le bâillement contagieux, l’équipe de recherche a utilisé la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) ; une technique médicale utilisée dans le diagnostic et dans le traitement de certaines affections psychiatriques et neurologiques. Ils ont recruté 36 adultes pour leur étude. Ces volontaires ont vu des clips vidéo qui montrent quelqu’un d’autre bâiller et ont été invités à résister soit au bâillement, soit à se laisser influencer.

La base neurale des phénomènes de l’échokinésie

Les participants ont été suivis de façon très minutieuse, leurs bâillements et leurs bâillements étouffés ont été comptés. En outre, l’intensité de l’envie de bâillement perçue par chaque participant a été enregistrée en permanence. En utilisant la stimulation électrique, ils ont également pu augmenter leur envie de bâiller.

Les chercheurs indiquent que  « cette recherche a montré que la poussée des bâillements est augmentée en essayant de s’arrêter. En utilisant la stimulation électrique, nous avons pu augmenter l’excitabilité et, ce faisant, augmenter la propension pour le bâillement contagieux. Ce qui nous amène à pouvoir imaginer de nouvelles solutions afin de réduire l’excitabilité, et donc de réduire très probablement des tics comme dans le cas de la maladie de Gilles de la Tourette« .

Barack Obama bâille en public
Barack Obama bâille en public, au East Asian Summit Plenary Session 2012. © AFP PHOTO Jewel Samad (Crédits photo JEWEL SAMAD/AFP/Getty Images)

Une voie ouverte pour la recherche de traitements personnalisés


La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) a été utilisé pour quantifier l’excitabilité corticale motrice et l’inhibition physiologique pour chaque participant et prédire la propension à un bâillement contagieux chez tous les volontaires.

Les mesures de TMS se sont révélées être des prédicteurs significatifs dans le cadre du bâillement contagieux et ont démontré que la propension de chaque individu à bâiller est déterminée par l’excitabilité corticale et l’inhibition physiologique du cortex moteur primaire.

Enfin, l’un des chercheurs de cette étude a déclaré : « Si nous pouvons comprendre comment les altérations de l’excitabilité corticale donnent lieu à des troubles neurologiques, nous pouvons potentiellement les inverser. Nous recherchons des traitements potentiels non personnalisés, utilisant la TMS qui pourrait affecter la modération des déséquilibres dans les réseaux du cerveau« .

Cette dernière recherche concerne plus globalement l’anatomie fonctionnelle de l’envie d’action, et va permettre d’examiner et trouver des traitements pour plusieurs troubles neuropsychiatriques communs associés à des sensations corporelles perçus comme un besoin d’action (épilepsie, démence, autisme, syndrome de la Tourette…).

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Septembre 2017


Sources

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s