La qualité du sommeil peut prédire la sensibilité aux troubles anxieux

La qualité du sommeil peut prédire la sensibilité aux troubles anxieux

Le sommeil joue un rôle vital pour notre santé. Le manque de sommeil serait d’ailleurs lié à la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurologiques. Les chercheurs sont donc attentifs au domaine du sommeil, puisqu’il est aussi l’une des clefs pour mieux comprendre certains troubles de notre santé mentale.

Mieux dormir pour faire fuir la peur

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Le rôle essentiel de la santé mentale n’est pas à prouver. Cette approche repose sur toute la durée de la vie, comme le prouve le Plan d’action pour la santé mentale 2013-2020 de l’OMS, qui souhaite motiver les politiques de santé publique dans le monde. Parmi l’éventail de pathologies, les troubles anxieux touchent un grand nombre de personnes. Ils constituent un ensemble de troubles psychologiques et neurologiques représentant des formes de peur et d’anxiété anormales ou pathologiques.

Il est bon de souligner que les personnes souffrant de ces troubles ne sont pas des malades mentaux. Les troubles  anxieux peuvent être guéris entièrement. Cependant, personne n’est à l’abri de ces problèmes. Il est donc primordial de prendre soin de soi pour réduire au maximum les causes, lorsque c’est possible.

Par exemple, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) touche des personnes victimes de traumatismes causés par une catastrophe naturelle ou la guerre, la violence sexuelle, ou un accident. De nombreux emplois y sont aussi exposés, comme les soldats, les pompiers, les policiers, les urgentistes, les agents de détention, ou les travailleurs sociaux qui sont exposés aux récits d’histoires sordides de traitements dégradants ou d’agressions sexuelles.

Selon plusieurs sources, 1 personne sur 10 souffrirait de TSPT dans le monde. Les personnes qui en souffrent sont souvent privées de toute aide, et les conséquences peuvent être dramatiques tant au niveau physique que psychique, pour la personne qui souffre et pour son entourage.

Dans la perspective d’améliorer le dépistage ou le traitement des troubles anxieux, des résultats de recherche suggèrent que la qualité du sommeil est associée à une activité cérébrale spécifique impliquée dans les troubles anxieux.

La qualité du sommeil prédit la susceptibilité au trouble de TSPT

La qualité du sommeil prédit la susceptibilité au trouble de stress post-traumatique


Des modèles de sommeil de meilleure qualité sont associés à une activité réduite dans les régions du cerveau impliquées dans l’apprentissage de la peur, selon une étude réalisée sur de jeunes adultes. Publiés dans la revue Journal of Neuroscience le 23 octobre 2017, les résultats suggèrent que la qualité du sommeil de base peut être un prédicteur utile de la susceptibilité au trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Le sommeil, et en particulier le sommeil paradoxal (en anglais : REM, Rapid Eye Mouvement, en français MOR : Mouvement Oculaire Rapide), a été impliqué dans la modulation de l’activité neuronale à la suite du conditionnement et de l’extinction de la peur dans des études humaines et animales.

Il a longtemps été supposé que de tels effets jouent un rôle dans la formation et la persistance du syndrome de stress post-traumatique, dont les troubles du sommeil sont une caractéristique essentielle. Cependant, à ce jour, peu d’études ont examiné de manière approfondie les effets potentiels du sommeil. De plus, ces études ont été limitées à l’analyse des effets d’une seule nuit de sommeil.

Dans la présente étude, les chercheurs ont utilisé la surveillance du sommeil mobile et la neuro-imagerie fonctionnelle (IRMf) à long terme pour déterminer si les variations des habitudes de sommeil mesurées à l’avance chez les participants masculins et féminins prédisaient des schémas ultérieurs d’activité neuronale.

Les résultats indiquent que des niveaux de base plus élevés de sommeil paradoxal prédisent une activité réduite de la peur et une connectivité entre l’hippocampe, l’amygdale et la région ventro-médiane du cortex préfrontal pendant le conditionnement. Dans une expérience de suivi, les chercheurs montrent que ces résultats sont reproductibles, bien que dans une moindre mesure, lors de la mesure du sommeil sur une seule nuit juste avant le conditionnement. En tant que tels, les paramètres de base du sommeil peuvent être capables de servir de biomarqueurs pour la résilience, ou l’absence de résilience, au traumatisme.

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Le sommeil paradoxal réduit les niveaux de noradrénaline dans le cerveau, ce qui peut atténuer la sensibilité d’un individu à des troubles anxieux


Les troubles du sommeil sont une caractéristique commune du TSPT. Alors que les recherches précédentes se concentraient sur la compréhension de la façon dont les nuits uniques de sommeil influencent le maintien des souvenirs de peur déjà établis, peu d’études ont cherché à savoir si les habitudes de sommeil avant un traumatisme contribuent à l’acquisition de ces souvenirs de peur.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont demandé aux participants de surveiller leur sommeil pendant une semaine en utilisant des outils de surveillance du sommeil discrets, notamment un bandeau qui mesure les ondes cérébrales, un bracelet qui mesure les mouvements du bras et un journal du sommeil.

Les personnes ont ensuite participé à une expérience de neuro-imagerie au cours de laquelle elles ont appris à associer une image neutre à un choc électrique léger. Les participants qui ont passé le plus de temps dans le sommeil paradoxal (la phase de rêve) ont montré une modulation plus faible de l’activité et de la connectivité entre leur amygdale, leur hippocampe et leur cortex préfrontal ventromédian pendant l’apprentissage de la peur.

Enfin, les auteurs ont reproduit ces résultats dans une seconde étude en utilisant une surveillance avec un test standard du sommeil pendant la nuit juste avant l’apprentissage de la peur. Pris ensemble, les résultats sont compatibles avec l’idée que le sommeil paradoxal réduit les niveaux de noradrénaline dans le cerveau, ce qui peut atténuer la sensibilité d’un individu à des stimuli craintifs.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Octobre 2017


Sources externes

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