L'allergie alimentaire infantile est liée à un mélange de facteurs environnementaux et génétiques

L’allergie alimentaire infantile est liée à un mélange de facteurs environnementaux et génétiques

L’allergie alimentaire chez les enfants peut se traduire avec des symptômes tels que des éruptions cutanées, de l’eczéma, des troubles digestifs ou encore des difficultés respiratoires. Cette allergie serait déclenchée par une tempête de génétique et une exposition de la peau aux lingettes, à la poussière et à la nourriture.

L’allergie alimentaire infantile, dont la cause a longtemps été un mystère, est maintenant liée à un mélange de facteurs environnementaux et génétiques qui doivent coexister pour déclencher l’allergie. C’est que conclut une étude publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology le 6 avril 2018.

Les facteurs contribuant à l’allergie alimentaire comprennent la génétique qui altère l’absorption de la peau, l’utilisation de lingettes nettoyantes pour nourrissons qui laissent du savon sur la peau, l’exposition cutanée aux allergènes dans la poussière et l’exposition cutanée aux aliments. L’allergie alimentaire est déclenchée lorsque ces facteurs se produisent ensemble.

La recette pour développer une allergie alimentaire

La recette pour développer une allergie alimentaire


Cette nouvelle étude est une avancée majeure dans la compréhension de la façon dont l’allergie alimentaire commence tôt dans la vie. Les allergies alimentaires sont en hausse et touchent de nombreux enfants dans le monde.

Par exemple, aux États-Unis, la prévalence des allergies alimentaires signalées a augmenté de 18% chez les enfants de moins de 18 ans entre 1997 et 2007. Des données récentes montrent également que les hospitalisations avec diagnostics d’allergies alimentaires ont augmenté chez les enfants.

En France, « les allergies alimentaires toucheraient 10% de la population française aujourd’hui, notamment les enfants. En région parisienne, les allergies au bouleau sont devenues des allergies à la pomme, à l’arachide et aux fruits à coque » précise un article de France Info (Avril 2017).

« Les allergies peuvent avoir des manifestations cutanées (urticaire, dermatite), respiratoires (rhinite, asthme) ou généralisées (anaphylaxie) et leur prévalence a considérablement augmenté au cours des 20-30 dernières années dans les pays industrialisés : on estime aujourd’hui que 25 à 30% de la population est concernée par une maladie allergique. Et si les allergies sont particulièrement fréquentes chez les enfants et les jeunes adultes, tout le monde peut en souffrir, avec des variations selon les pays et l’âge. Aujourd’hui, la prévalence de la dermatite atopique est évaluée à 15-20%, celle de l’asthme à 7-10 %, celle de la rhinite et de la conjonctivite allergique autour de 15-20%. La prévalence des allergies alimentaires oscillerait entre 2% chez l’adulte et 5% chez les enfants. » (via INSERM)

La majorité des allergies qui touche les êtres humains se développent au cours de leur première étape de vie. Mieux prévenir les allergies chez l’enfant est donc un enjeu de taille pour la santé durant toute la vie.

Les facteurs de risque d'allergie alimentaire peuvent être modifiés à la maison

Les facteurs de risque d’allergie alimentaire peuvent être modifiés à la maison


Les bonnes nouvelles ? Ces résultats scientifiques montrent que les facteurs menant à l’allergie alimentaire peuvent être modifiés dans l’environnement familial.

En effet, les chercheurs indiquent qu’il faut réduire l’exposition de la peau de bébé aux allergènes alimentaires en se lavant les mains avant de manipuler le bébé, limiter l’utilisation de lingettes pour nourrissons qui laissent du savon sur la peau, et rincer le savon avec de l’eau comme le faisait nos parents et grands-parents jadis.

Cette étude a permis aux scientifiques de découvrir la « tempête parfaite » qui déclenche l’allergie alimentaire. En effet, l’équipe a fait la découverte en utilisant des preuves cliniques sur l’allergie alimentaire chez les humains, les effets des allergènes alimentaires et les expositions allergènes environnementales et les souris néonatales avec des mutations génétiques qui se produisent chez les humains.

Des preuves cliniques montrent que jusqu’à 35% des enfants souffrant d’allergies alimentaires souffrent de dermatite atopique et que cela s’explique en grande partie par au moins trois mutations génétiques différentes qui réduisent la barrière cutanée.

Une nouvelle voie préventive et de nouveaux traitements des allergies alimentaires

Une nouvelle voie préventive et de nouveaux traitements des allergies alimentaires


Les chercheurs ont utilisé un modèle de souris néonatale avec des mutations de la barrière cutanée et ont essayé d’exposer la peau à des allergènes alimentaires comme les arachides. Les cacahuètes seules n’ont eu aucun effet.

Les chercheurs remarquent que les bébés sont exposés à des allergènes environnementaux dans la poussière d’une maison, ils ne consomment pas d’allergènes alimentaires quand ils sont nouveau-nés, mais ils les mettent sur leur peau.

Ensuite, les chercheurs ont passé en revue des études de recherche sur la peau qui ont livré des composés à travers la peau en utilisant du savon. Les lingettes pour bébés sont devenues un sujet d’attention particulière. Effectivement, la couche supérieure de la peau est faite de lipides (graisses), et le savon dans les lingettes perturbe cette barrière.

Mutations de la barrière cutanée

Mutations de la barrière cutanée


Les problèmes de peau qui surviennent avec des mutations de la barrière cutanée peuvent ne pas être visibles avant longtemps après qu’une allergie alimentaire a déjà commencé. Les souris néonatales avec les mutations avaient une peau d’apparence normale, et la peau sèche typique des démangeaisons de la dermatite ne s’est pas développée jusqu’à ce que les souris aient quelques mois, l’équivalent d’un jeune adulte en années humaines.

Après que les souris néonatales ont reçu trois à quatre expositions cutanées d’allergènes alimentaires et de poussière pendant 40 minutes durant une période de deux semaines, on leur a donné des œufs ou des cacahuètes par voie orale. Les souris ont eu des réactions allergiques cutanées, des réactions allergiques dans l’intestin et une réaction alimentaire allergique sévère de l’anaphylaxie qui est mesurée par une température corporelle réduite.

Un dysfonctionnement de la barrière cutanée était nécessaire pour que l’allergie alimentaire se développe chez les souris, mais il existe un large continuum de dysfonctions cutanées sévères à légères avec l’eczéma ou la dermatite atopique qui, dans sa forme la plus légère, peut simplement apparaître comme une peau sèche.

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Changements dans les protéines de la peau


Chez les patients présentant des anomalies de la barrière cutanée, il y a des changements dans les protéines de la peau qui sont le résultat de mutations dans les gènes. Ces mutations chez les patients sont principalement hétérozygotes, ce qui signifie qu’il y a une mutation dans l’une des deux copies d’un gène.

Par conséquent, dans les études précliniques, les souris néonatales étaient également hétérozygotes pour les mutations de la barrière cutanée. Les souris ont été exposées simultanément à des allergènes alimentaires tels que les protéines d’œuf et d’arachide, des allergènes provenant de la poussière (acariens de la poussière de maison ou Alternaria alternata, une espèce de champignons phytopathogènes) et au laurylsulfate de sodium (sodium lauryl sulfate ou SLS), qui est un détergent de la classe des tensioactifs ioniques couramment utilisé en biochimie et en biologie moléculaire — présent dans les lingettes nettoyantes pour bébés et de nombreux produits cosmétiques.

Le bonheur des enfants est dans leur assiette

Enfin, ces résultats fournissent une base pour tester des interventions qui bloquent plus efficacement le développement de l’allergie alimentaire chez les nourrissons et les enfants.

Les chercheurs étudient actuellement les réponses moléculaires dans la peau qui sont uniques à cette combinaison de la génétique et des expositions cutanées. L’objectif est de déterminer les signaux uniques dans la peau qui se produisent au cours du développement de l’allergie alimentaire. pour conclure, cela conduira à des approches pour intervenir sur ces signaux cutanés et bloquer le développement de l’allergie alimentaire.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Avril 2018

Sources externes

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