Exposition alimentaire aux substances chimiques : Etude scientifique de l'Anses (EAT2)

Vigilance sur l’exposition alimentaire : 445 substances chimiques et 250 000 résultats

Exposition alimentaire aux substances chimiques : Etude scientifique de l'Anses (EAT2)Exposition alimentaire aux substances chimiques en France

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) vient de publier le 30 juin 2011 les résultats de la deuxième étude de l’alimentation totale [1], une étude considérée comme la plus importante jamais réalisée jusqu’alors sur les apports nutritionnels et les expositions alimentaires aux substances chimiques de la population en France.

L’objectif de cette grande étude, essentielle dans ce contexte actuel si délicat au niveau santé publique et sanitaire (affaire Mediator®, les graines germées et la bactérie E.coli…), l’Anses a voulu évaluer le risque à long terme des expositions alimentaires aux substances chimiques (et ne nous voilons pas la face, il doit y avoir un coup de ménage à faire). Même si un travail reste à mener sur l’amélioration de cette exposition aux substances dangereuses, les résultats sont d’un bon niveau global, puisque la maîtrise sanitaire voit pour 85% des substances leur risque écarté pour la population générale, et en deçà des valeurs toxicologiques de référence disponibles (VTR).

EAT : étude sur l'exposition alimentaire aux substances chimiquesIntitulée « EAT2 – Résultats de l’étude nationale de surveillance des expositions alimentaires aux substances chimiques (Étude de l’Alimentation Totale 2 – 2006-2010) » plusieurs documents sont gratuitement à disposition de toutes et tous sur les détails de cette grande étude qui confirme donc d’une façon globale que tout va bien – ou plutôt que les seuils ne sont pas dépassés (ce qui ne signifie pas forcément que chacun n’est pas sensible à ces substances chimiques qui squattent nos assiettes).

Par ailleurs, EAT2  informe également que pour certains groupes de populations, résident des risques de dépassement de ces seuils toxicologiques fixés par la réglementation. En effet, pour plusieurs substances telles que le plomb, le cadmium, l’arsenic inorganique ou encore l’acrylamide, des efforts majeurs de réduction des expositions sont à continuer.

Les risques liés à ces substances dangereuses « étant souvent associés à des situations de forte consommation d’un aliment ou groupe d’aliments donné, l’Anses rappelle l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée en variant les aliments et la quantité consommée. Enfin, l’étude met en évidence la nécessité de développer les connaissances scientifiques aussi bien d’ordre toxicologique qu’analytique pour un ensemble de substances non réglementées à ce jour, mais présentes dans l’alimentation, et pour lesquels il n’est pas possible de conclure à ce jour en matière d’évaluation des risques. »

Plomb, cadmium, aluminium, cuivre, zinc, dioxines, furanes, polychlorobiphényles (PCB), composés perfluorés, retardateurs de flamme bromés ou mycotoxines…

La méthode mise en œuvre pour cette étude est basée sur un référentiel de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) [2], dite de « l’alimentation totale » (EAT). Initialement créée en 2006, l’étude EAT s’est basée sur une recherche de 445 substances chimiques ! Allant des pesticides, aux métaux lourds, aux contaminants issus des activités humaines, aux phyto-estrogènes, aux additifs,…. « Dont 12 minéraux, dans des échantillons constitués à partir de 20.000 aliments appartenant à 212 familles de produits différents. Près de 250 000 résultats d’analyses ont ainsi été rassemblés, permettant, en les croisant avec les données sur les habitudes alimentaires issues de l’étude INCA2 de l’Agence, d’estimer l’exposition alimentaire globale des consommateurs à ces différentes substances, et de les comparer, lorsqu’ils existent, à des seuils toxicologiques disponibles considérés comme sans danger pour la santé. »

Menée par l’Anses, l’étude EAT a pu être menée à bon terme grâce au travail de concert des ministères en charge de l’alimentation, de la santé et de la consommation,  et d’une contribution de l’observatoire des résidus de pesticides. Résultats d’un travail de plus de quatre années, l’étude fait suite à « une première étude de cette nature réalisée à plus petite échelle entre 2001 et 2005 (EAT1), l’étude EAT2 constitue une source d’information sans précédant par le nombre des substances recherchées.« 

Des études et après ?

Même si la panique ne sera pas de rigueur, manger en 2011 devient de plus en plus complexe. Les résultats de étude complète plusieurs autres résultats comme cette enquête de 2010 – « Menus Toxiques – La vérité sur les substances chimiques dans nos aliments » – qui montre qu’un enfant de 10 ans est susceptible d’ingérer en une journée 128 résidus chimiques qui représentent 81 substances chimiques différentes ! L’étude EAT2 est cependant intéressante, mais avouons-le, en pratique que faire ? Pendant que l’encre des études coule, les substances continuent de polluer nos assiettes et les comportements demandent aussi d’être encore mieux éduqués. Trop de déchets, trop de manque de respect de la Nature de la part de la population et trop d’utilisation de produits chimiques de la part des industriel.

Cette étude ne parle pas de la combinaison possible et presque évidente des substances. En bref, même si des aliments ne dépassent pas le seuil toléré, qu’advient-il lors d’une combinaison de plusieurs substances ? A cette question, d’autres études devront donner leur avis et résultats.

Enfin, oui, il faut manger de tout, sans abus, connaître ses besoins et faire aussi avec ses envies et bien entendu ses moyens ! Car manger est aujourd’hui un budget considérable pour les ménages, et réduire la qualité en ne mangeant que des surgelés et en se fournissant dans les hard-discounts, peu de chance de réussir à être toujours en bonne santé (ou de manière moins évidente).

Pour réduire les teneurs en substances chimiques il est parfois important de pouvoir connaître des indications de traçabilité et ne pas hésiter à manger local (comme la tendance locavore), à rencontrer les agriculteurs proches de chez vous et si vous avez un potager profitez-en ! Manger local et pouvoir rencontrer la personne qui a donné naissance aux légumes que vous manger permettra d’éradiquer des craintes, de l’anxiété et faire fonctionner l’économie de votre localité.

Remercions les fastfoods, les supermarchés et les grandes industries de l’alimentation en plastique, qui nous conditionnent, et en bons abrutis que nous défendons parfois (sous couvert de l’aspect pratique, d’aller en supermarché et de ne pas avoir le temps de faire attention à ce que nous offrons aux assiettes de nos enfants). Retrouver une alimentation saine, connaître l’origine des aliments, faire un retour aux sources, tout cela a un prix vous me direz. Mais une seule vie nous est offerte, profitons-en et évitons de cautionner la malbouffe et le remplissage de ventre inconscient. Au final, ça coûte un jour plus cher en frais de santé.

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Sources : [1] Anses (site) –  Communiqué – Dossiers : « Rapport ANSES : Contaminants inorganiques, minéraux, polluants organiques persistants, mycotoxines, phyto-estrogènes Tome 1 » &
« Rapport de l’ANSES : Résidus de pesticides, additifs, acrylamide, hydrocarbures aromatiques polycycliques Tome 2 » (Documents PDF) [2] OMS : Chemical risks publications


Documents complémentaires (PDF) : • Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations (2005) AFSSAPS

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