Comment percevons-nous le stress de nos collègues sur notre lieu de travail ?

Comment percevons-nous le stress des autres sur notre lieu de travail ?

Le stress fait souvent parler de lui.  Qu’est-ce que le stress ? Comment gérer son stress ? Comment réussir à vivre dans un environnement stressant ? Comment assumer son travail avec un manager ou un supérieur dont nous percevons et subissons le stress ? Autant de questions qui alimentent des sujets de conversations, de questionnements intérieurs ou d’articles de la presse spécialisée.

Tous les adultes connaissent cet état biologique et psychologique, qui est un ensemble de réponses de notre organisme lorsqu’il est soumis à des pressions ou des contraintes. De nombreuses consultations médicales sont liées au stress et une grande part de sources de stress proviennent de notre vie sociale et professionnelle.

Les points positifs et négatifs du stress

Une nouvelle étude de l’Université de Tel Aviv (Israël) — à paraître en janvier 2018 dans le Journal of Experimental Social Psychology — révèle que les gens projettent souvent leurs propres expériences de stress sur leurs collègues et leurs employés, ce qui entraîne une mauvaise communication et, souvent, des occasions manquées.

Cette étude est la première à montrer que notre propre état d’esprit psychologique détermine la façon dont nous jugeons les réponses des autres au stress spécifiquement, si nous percevons le stress comme positif ou négatif.

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Les points positifs et négatifs du stress


Cette recherche permet d’évaluer la façon dont les entrepreneurs et patrons évaluent la capacité de leurs employés à assumer différentes charges de travail. Elle peut aussi nous éclairer sur nos relations avec nos conjoints ou avec nos enfants. Par exemple, une « maman tigre » typique est sûre que le stress est une bonne chose, mais elle ne voit tout simplement pas à quel point son enfant est épuisé.

Les expériences menées par les chercheurs ont montré que l’état de stress individuel d’une personne détermine la façon dont elle percevra la santé, la productivité du travail et le degré d’épuisement professionnel (burnout).

Par exemple, si un manager perçoit qu’un certain employé ne souffre pas de stress, ce manager sera plus enclin à considérer l’employé comme digne de promotion. Mais parce que le manager estime que le stress est une qualité positive qui conduit à l’autosuffisance, le manager sera également moins susceptible d’offrir une assistance si l’employé en a véritablement besoin.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont recruté 377 employés américains pour un questionnaire en ligne sur le stress au travail. Les participants ont été invités à lire une description de l’histoire d’un salarié. Un employé fictif qui travaille de longues heures, a un poste de direction et doit faire plusieurs choses à la fois. Les employés ont ensuite évalué ses niveaux d’épuisement et ont rempli un questionnaire de mentalité de stress au sujet de ce personnage fictif.

Résultat : plus les participants voyaient le stress comme positif et valorisant, plus ils percevaient le personnage comme ayant moins d’épuisement professionnel et par conséquent plus digne d’être promu.

Peut-on modifier la perception que l'on a du stress des autres ?

Peut-on modifier la perception que l’on a du stress des autres ?


Les chercheurs ont également voulu voir s’ils pouvaient changer la perception des gens du stress et par conséquent changer la façon dont ils perçoivent le stress des autres. Ils ont mené une série d’autres expériences parmi 600 employés Israéliens et Américains afin de déterminer si leur état d’esprit de stress peut être cultivé ou changé.

Les chercheurs ont assigné au hasard les employés à des groupes de mentalité de stress « améliorants » (vision positive) ou « débilitants » (vision négative) de 120 à 350 personnes. En utilisant une technique spécifique, ils ont incité les participants à penser au mot « stress » en termes positifs ou négatifs. Aussi, les participants ont été invités à écrire sur les expériences de stress passées au niveau positif et négatif. Ils ont ensuite été invités à lire une description de la charge de travail d’un employé fictif et à évaluer l’épuisement, le taux de productivité et les symptômes psychosomatiques de ce personnage fictif. Les chercheurs ont également demandé aux participants si l’employé fictif devrait être promu et s’ils seraient disposés à l’aider avec sa charge de travail.

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Les participants à l’étude qui étaient enclins à avoir un état de stress positif ont noté que l’employé fictif souffrait moins de symptômes liés au stress et étaient donc plus susceptibles de le recommander pour une promotion, ils étaient également moins susceptibles de lui offrir de l’aide. Mais ceux qui ont l’air de sentir que le stress était négatif ont senti que l’employé fictif était plus épuisé et par conséquent moins apte à être promu.

Enfin, votre état d’esprit de stress affectera votre jugement sur les réponses au stress des autres. Mais les chercheurs ont montré que même si le stress vous affecte positivement, il peut déformer la façon dont vous percevez vos collègues, vos employés, votre conjoint, ou vos propres enfants.

Ne pas juger trop hâtivement le stress des autres

Ne pas juger trop hâtivement le stress des autres


On en sait beaucoup sur le stress et sa tension résultante — avec des résultats négatifs tels que l’épuisement professionnel ou la santé — mais pas sur la façon dont nous percevons la tension des autres et sur les résultats de ces perceptions. Pour la première fois, les chercheurs de cette étude ont intégré les littératures à disposition pour étudier l’effet des différentes formes de stress, et l’état d’esprit sur les jugements sociaux d’une cible précise.

Les chercheurs soutiennent que les percepteurs peuvent projeter leur propre état d’esprit sur les autres, ce qui entraîne des jugements égocentriques de la tension de ce dernier. Ils ont prédit et trouvé des preuves que, indépendamment des effets de l’humeur, les personnes ayant un état d’esprit stressé sont moins susceptibles de juger le stress d’une personne éprouvant une lourde charge de travail comme souffrant d’épuisement, ou de symptômes somatiques.

En conclusion, les chercheurs soulignent qu’il est nécessaire de faire très attention lors de l’évaluation des niveaux de stress de notre entourage. Les résultats fournissent une base pour les travaux futurs portant sur l’exactitude du jugement de l’expérience de stress des autres.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Novembre 2017


Sources externes

 

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