Nutritions et prévention du cancer : la brochure

nutrition-cancerLe mardi 17 février 2009 est une date importante dans le calendrier de la nutrition. En effet, ’Institut National du Cancer présentait sa nouvelle brochure « Nutritions et prévention du cancer« . Cette dernière est destinée en particulier aux médecins, et elle est consacrée aux recommandations alimentaires qui préviennent le cancer. Voici le communiqué de presse pour en comprendre le contenu et sa destinée.

« Dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et à la demande de la DGS (Direction générale de la santé), l’Institut National du Cancer a coordonné l’actualisation de la brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations »(1). Destinée aux professionnels de santé, elle actualise les connaissances sur ce sujet.

Lancé en 2001, le Programme National Nutrition Santé (PNNS 2001-2005) a pour objectif l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition, qui recouvre à la fois l’alimentation et l’activité physique. En 2006, le PNNS 2 (2006-2010) a été lancé afin de prolonger et d’amplifier les actions menées dans le cadre du PNNS 1.

Le PNNS a donné lieu à la publication de documents destinés au grand public et aux professionnels de santé. Cette brochure, dont l’INCa a coordonné l’actualisation, fait partie de la collection « les synthèses du Programme National Nutrition Santé ». Elle s’est appuyée sur l’expertise scientifique du réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe), en partenariat avec l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa), l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS).

La brochure fournit aux professionnels de santé les éléments essentiels pour, d’une part, encourager des comportements ou modes de vie et certaines habitudes alimentaires favorables à la réduction des risques vis-à-vis des cancers et pour, d’autre part, répondre à des questions qui leur sont fréquemment posées, ou abordées par les média, et souvent basées sur des idées non fondées.

Depuis près de 40 ans en effet, de très nombreux travaux ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d’intervenir comme facteurs de risque ou au contraire de protection dans le développement des cancers.

La brochure comporte deux parties. Dans la partie consacrée aux relations convaincantes ou probables conduisant à des recommandations pour la prévention primaire des cancers, sont fournies des données sur l’exposition de la population française au facteur considéré, sur l’épidémiologie, sur les mécanismes, sur le niveau de preuve, sur d’autres arguments (interactions avec d’autres facteurs de risque, etc…), ainsi que des conclusions, des recommandations et des références.


Première partie : Relations convaincantes ou probables conduisant à des recommandations pour la prévention primaire des cancers

Les facteurs augmentant le risque de cancers :

* les boissons alcoolisées : leur consommation est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx et larynx, œsophage, côlon-rectum, sein et foie (de 9 à 168 % par verre consommé par jour, selon les localisations). Le risque augmente avec la quantité globale d’alcool absorbée et est significatif dès une consommation moyenne d’un verre par jour. Toute consommation d’alcool est donc déconseillée.
* Le surpoids et l’obésité : à l’heure actuelle en France, le surpoids touche 26 à 32 % de la population et l’obésité 8 à 17 % des adultes. 14 à 17,5 % des enfants présentent une surcharge pondérale. Or l’accroissement de la corpulence est associé à une augmentation du risque de plusieurs cancers (de 8 à 55 % selon les localisations) : œsophage, endomètre, rein, côlon-rectum, pancréas, sein (après la ménopause) et vésicule biliaire.
* Viandes rouges et charcuteries : il a été estimé que le risque de cancer colorectal augmentait de 29 % par portion de 100 g de viandes rouges consommée par jour et de 21 % par portion de 50 g de charcuteries consommée par jour. En France, un quart de la population consomme au moins 500 g de viandes rouges par semaine, et plus d’un quart de la population au moins 50 g de charcuteries par jour.
* Sel et aliments salés : leur consommation augmente le risque de cancer de l’estomac. En France, deux tiers des hommes et un quart des femmes ont des apports en sel supérieurs à 8 g par jour.
* Compléments alimentaires à base de bêta-carotène : les études d’intervention montrent que chez les sujets exposés à des agents cancérogènes, tels que chez les fumeurs, la consommation au long cours de compléments à base de bêta-carotène à doses non-nutritionnelles (20 à 30 mg/jour, alors que les apports journaliers recommandés sont de 2,1 mg) augmente significativement le risque de cancer du poumon. Sauf cas particuliers de déficiences, et sous contrôle médical, la consommation de compléments alimentaires n’est donc pas recommandée. Il est conseillé de satisfaire les besoins nutritionnels par une alimentation équilibrée et diversifiée.

Les facteurs réduisant le risque de cancers :

* Activité physique : elle s’associe à une diminution du risque des cancers du côlon, du sein (après la ménopause) et de l’endomètre. Le risque de cancer du côlon diminue de 18 à 29 % selon le type d’activité ou son intensité. Il est donc recommandé de limiter les activités sédentaires et, pour les adultes, de pratiquer au moins 5 jours par semaine au minimum 30 minutes d’activité physique d’intensité modérée (ex. : marche rapide) ou de pratiquer 3 jours par semaine 20 minutes d’activité physique d’intensité élevée (ex. : jogging).
* Fruits et légumes : leur consommation est associée à une réduction du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, estomac et poumon (pour les fruits seulement). On estime qu’en France, seuls 43 % de la population adulte consomment au moins 5 fruits et légumes par jour.
* Allaitement : en France, le pourcentage de mères qui allaitent leur enfant à la sortie de la maternité est passé de 53 % en 1998 à 63 % en 2003. Il est encore inférieur à celui d’autres pays européens : plus de 90 % dans les pays nordiques, 75 % en Italie. L’allaitement s’associe à une baisse du risque de cancer du sein chez la mère, avant et après la ménopause.

Seconde partie : Quelques questions fréquemment posées.

Cette partie évoque quelques-unes des questions les plus souvent posées aux professionnels de santé ou abordées dans les médias. Citons par exemple :

o
le lait et les produits laitiers augmentent-ils le risque de cancers ?
o
certains modes de cuisson augmentent-ils le risque de cancers ?
o
le vin rouge protège-t-il du cancer ?
o
existe-t-il des aliments « anticancer » ?

Cette brochure peut être abordée également de façon synthétique car elle comprend un dépliant pratique qui indique aux professionnels de santé toutes les recommandations nutritionnelles pour la prévention primaire des cancers et qui récapitule sous forme de tableau les relations entre les facteurs nutritionnels et les différentes localisations de cancers.

Les recommandations présentées dans cette brochure proposent des repères qu’il serait souhaitable d’atteindre tout en conciliant plaisir et santé. S’il est recommandé de limiter la prise de certains aliments, il n’est pas question d’en interdire la consommation.

[1] La première édition a été publiée en 2003, sous le titre « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ».

Sources : Direction Générale de la santé – Institut National du Cancer »

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