Manger tardivement désynchronise le rythme circadien et augmente l’IMC

Manger tardivement désynchronise le rythme circadien et augmente l’IMC

Chronobiologie et nutrition


Le fonctionnement de notre organisme est soumis à un rythme biologique. Celui-ci est calé sur un cycle d’une journée, soit 24 heures. Ce rythme circadien régule un grand nombre de nos fonctions biologiques et comportementales. Dès lors on comprend facilement que sa dérégulation entraîne quelques problèmes parfois avec de lourdes conséquences : troubles du sommeil et perturbations physiologiques.

Lorsque l’on souhaite améliorer son bien-être et sa nutrition, s’intéresser à la chronobiologie (qui est l’étude des rythmes et conséquences de leur perturbation) permet de mieux définir les mécanismes biologiques et les approches cliniques — et plus précisément en ce qui concerne tout ce qui est régulé par le rythme circadien : le système veille/sommeil, la production d’hormones, la température corporelle, la fréquence cardiaque, la pression artérielle, les capacités cognitives, l’humeur, la mémoire.

Manger de la viande augmente le risque de diabète

Plusieurs études publiées en 2016 et 2017 expliquent que manger entre 8H et 14H régule la faim et aide à perdre du poids, et que l’heure du repas est plus critique pour la perte de poids que la quantité de calories.

Une nouvelle étude publiée en septembre 2017 revisite ces résultats et va plus loin. Elle précise qu’un apport alimentaire pendant la synchronisation du rythme circadien le soir est associé à une augmentation de l’indice de masse corporelle (IMC).

Les chercheurs ont examiné les relations entre la graisse corporelle et l’indice de masse corporelle, ainsi que le moment de la consommation alimentaire, l’heure de la journée et l’horloge circadienne ou corporelle du corps.

Manger tard le soir est mauvais pour votre poids

Manger tardivement ou en opposition avec le rythme circadien augmente la graisse corporelle


Avec plus de 1,9 milliard d’adultes en surpoids sur la planète, dont plus de 600 millions de personnes obèses, le gain de poids et l’obésité ont été décrits comme une véritable épidémie et un problème complexe.

Des recherches antérieures ont associé une mauvaise alimentation à un gain de poids et à une graisse corporelle élevée, et manger plus tard dans la journée a également été décrit comme un facteur de risque de gain de poids. Cependant, l’impact de l’horloge corporelle d’un individu, indépendamment de l’heure de la consommation alimentaire, n’a pas été exploré.

Dans une étude récente publiée en ligne dans le journal scientifique The American Journal of Clinical Nutrition (AJCN) le 6 septembre 2017, les chercheurs ont examiné les relations entre la graisse corporelle et l’indice de masse corporelle, ainsi que le moment de la consommation alimentaire.

C’est la première fois que le moment des repas a été étudié dans les milieux réels, en relation avec l’apparition de la mélatonine, qui marque l’apparition du sommeil.

Les chercheurs ont constaté que le moment de l’apport alimentaire par rapport à l’apparition de la mélatonine est associé à un pourcentage plus élevé de graisse corporelle et d’IMC, et non associé à l’heure, à la quantité ou à la composition de l’apport alimentaire.

Ces résultats suggèrent que le moment où vous consommez des calories par rapport à votre rythme biologique peut-être plus important pour la santé que l’heure fixée par les contraintes, styles et habitudes de vie.

Que ton aliment soit ta seule médecine

Les chercheurs ont analysé les données recueillies auprès de 110 jeunes participants inscrits dans une étude d’observation de 30 jours pour documenter le sommeil et l’apport quotidien en repas. Une application mobile a été utilisée pour l’horodatage, les documents et l’enregistrement de l’apport alimentaire des participants pendant sept jours consécutifs de leurs routines régulières. Pour une nuit pendant l’étude de 30 jours, les participants ont été étudiés sur place dans le laboratoire afin d’évaluer plusieurs paramètres biologiques comme le moment de leur apparition en mélatonine.

Les chercheurs ont constaté que les personnes ayant des pourcentages élevés de graisse corporelle ont consommé la plupart de leurs calories peu de temps avant de dormir lorsque les niveaux de mélatonine étaient élevés, par rapport aux individus ayant des pourcentages inférieurs de graisse corporelle.

Les chercheurs notent qu’ils n’ont pas été en mesure de détecter une relation entre l’heure d’arrivée de l’alimentation, la quantité calorique, la composition des repas, le niveau d’activité/exercice physique ou la durée du sommeil, et l’une ou l’autre de ces mesures de composition corporelle.

Les chercheurs ont reconnu plusieurs limitations qui doivent être prises en considération pour les travaux futurs, y compris le fait que la population des personnes de l’étude ne soit pas représentative de l’ensemble de la population en matière de choix de nourriture et de chronobiologie.

Enfin, les chercheurs ont conclu que ces résultats prouvent que la consommation de nourriture pendant la soirée ou la nuit, indépendamment de facteurs de risque plus traditionnels tels que la quantité ou le contenu de l’apport alimentaire et le niveau d’activité, joue un rôle important dans la composition corporelle (qui correspond à : masse grasse + masse musculaire + masse osseuse = 100%).

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Septembre 2017


Sources externes

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