Notre corps peut s'adapter à une suralimentation occasionnelle

Notre corps peut s’adapter à une suralimentation occasionnelle

La suralimentation n’est pas rare. Un repas avec une alimentation plus riche que la normale arrive en certaines occasions, comme un repas d’anniversaire ou un repas d’affaires.

Cette consommation de nourriture excessive par rapport aux besoins n’est pas sans conséquence si elle perdure dans le temps. Mais quand est-il d’une suralimentation occasionnelle chez une personne en bonne santé ?

Une étude publiée le 9 avril 2019 dans la revue American Journal of Physiology-Endocrinology and Metabolism suggère que le corps s’adapte à la suralimentation occasionnelle à court terme.

En effet, le corps se concentrerait sur l’élimination du glucose pour préserver la sensibilité à l’insuline en cas de suralimentation occasionnelle.

Suralimentation humaine

Suralimentation humaine


Les résultats de l’étude suggèrent que la durée d’une période de suralimentation peut affecter l’adaptation du traitement du glucose et de l’insuline par le corps lorsque l’apport en calories augmente.

L’obésité et le diabète de type 2 ont considérablement augmenté dans le monde au cours des 30 dernières années. Notons que l’obésité est « un problème nutritionnel majeur aux États-Unis, dans quelques pays d’Europe occidentale et chez tous les peuples prospères ».

Des facteurs liés au mode de vie, tels que la consommation excessive d’aliments riches en calories, jouent un rôle important dans l’apparition de ces deux problèmes de santé graves.

Mieux comprendre les effets de la surconsommation de nourriture peut aider les scientifiques à mieux comprendre les maladies métaboliques.

Effets d'une alimentation trop riche à court terme

Effets d’une alimentation trop riche à court terme


À l’heure actuelle, on ignore si la suralimentation à court terme chez les personnes en bonne santé affecte de manière significative la régulation glycémique post-prandiale (après un repas).

Effectivement, la plupart des études sur la suralimentation humaine ont utilisé des conditions expérimentales ne permettant pas d’obtenir ce type de résultats.

Des chercheurs de l’Université Deakin (Australie) ont étudié un petit groupe d’hommes en bonne santé et minces, d’un âge moyen de 22 ans.

Les volontaires ont participé à un essai à court terme comprenant deux modèles : 5 jours types de suralimentation proche des situations rencontrées par exemple lors de festivals ou de vacances, et d’un modèle à plus long terme avec une suralimentation chronique durant 28 jours.

Les comportements alimentaires

La composition nutritionnelle du régime alimentaire des volontaires était représentative de celle d’un régime australien typique, soit : 55% de glucides, 35% de matières grasses et 15% de protéines.

La portion « suralimentée » du régime comprenait des collations riches en calories telles que du chocolat, des substituts de repas et des snacks, ce qui ajoutaient environ 1 000 calories de plus à la consommation alimentaire quotidienne des hommes.

L’équipe de recherche a mesuré le poids, la masse grasse, le sucre dans le sang et les niveaux d’insuline des volontaires avant le début de l’essai et de nouveau après 5 et 28 jours.

Bien que la quantité de graisse viscérale qui entoure les organes internes ait considérablement augmenté, la suralimentation à court terme n’a pas eu d’effet significatif sur le poids ou la masse grasse de l’homme.

De plus, les niveaux de sucre dans le sang et de peptide C à jeun — un acide aminé libéré par l’organisme en réponse à une production accrue d’insuline — n’ont pas changé. Cette découverte a surpris les chercheurs, car les taux de glucose endogène à jeun — nouveau glucose produit par l’organisme en plus de ce qu’il avait déjà stocké pour une utilisation future — ont augmenté au cours de l’essai à court terme.

Exposition alimentaire aux substances chimiques : Etude scientifique de l'Anses (EAT2)

Une surconsommation chronique a augmenté la quantité de graisse corporelle totale et de graisse viscérale ainsi que les taux de sucre dans le sang et de peptide C après les repas. Cependant, ceci n’a pas altéré les taux de glycémie à jeun, la production de glucose endogène ou le taux d’élimination de glucose de l’organisme. Cela peut être dû au fait que le profil nutritionnel dans l’essai à long terme était conforme à un régime typique et que les pourcentages de graisses dans le régime alimentaire n’ont pas augmenté.

Une consommation excessive à long terme d’aliments gras, au lieu d’aliments plus équilibrés sur le plan nutritionnel, peut être un facteur important qui entraîne des changements rapides dans le contrôle de la glycémie.

Suralimentation et santé

Ces résultats suggèrent que les adaptations précoces en réponse à la suralimentation en glucides visent à augmenter l’élimination du glucose afin de maintenir la sensibilité à l’insuline du corps entier.

Le modèle de suralimentation à court terme (5 jours) est révélateur de la suralimentation humaine pendant certaines occasions (festivals, jours fériés…) et montre que le corps s’adapte, du moins chez les jeunes hommes minces qui sont peut-être plus flexibles sur le plan métabolique et donc plus en mesure de compenser cette surproduction nutritionnelle.

Cependant, en réponse à une suralimentation chronique (28 jours) entraînant des modifications minimes mais significatives de la composition corporelle, les augmentations de la glycémie post-prandiale et de l’insulinémie (dosage de l’insuline dans le sang) ont été modestes, la composition en macronutriments correspondant au régime habituel des participants.

De la sorte, si vous êtes en bonne santé et sans surpoids, et que vous avez tendance à vous censurer à chaque fois que vous faites un excès, soyez moins dur avec vous-même. Le principal est de ne pas transformer cette suralimentation occasionnelle en mauvaise habitude quotidienne sur le long terme.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Avril 2019

Ce blog nutrition santé n’a pas vocation à remplacer votre relation avec votre médecin traitant. Les renseignements contenus sur le Blog Nutrition Santé sont tous rédigés avec des sources scientifiques et ne peuvent pas répondre à des questions médicales spécifiques, mais sont donnés à des fins purement informatives et complémentaires. Lire la suite.

Sources externes

Dale J. Morrison, Greg M Kowalski, Clinton R Bruce, Glenn D. Wadley. Modest changes to glycemic regulation are sufficient to maintain glucose flux in healthy humans following overfeeding with a habitual macronutrient composition. American Journal of Physiology-Endocrinology and Metabolism, 2019; DOI: 10.1152/ajpendo.00500.2018, https://www.physiology.org/doi/abs/10.1152/ajpendo.00500.2018

Sous-alimentation et suralimentation, http://www.fao.org/3/x0081f/X0081F0b.htm#13.%20Sous-alimentation%20et%20suralimentation

Photos © Dan Gold ; Elevate ; Alasdair Elmes

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