Pourquoi nous endormons-nous lorsqu'on s'ennuie ?

Pourquoi nous endormons-nous lorsqu’on s’ennuie ?

Le sommeil est indispensable pour notre survie. En dehors de celles et ceux qui aiment se faire des grasses matinées, même les plus indifférents à la position horizontale sont obligés de céder à l’appel du sommeil, sous peine de mauvaise humeur et de problèmes de santé avérés.

Parfois nous nous endormons dans des situations totalement opposées au contexte de la chambre à coucher (pour ceux qui ne souffrent pas de narcolepsie) : dans le train, au cinéma, en réunion, dans une salle d’attente, face au discours d’un politicien (?), etc.

Mais pourquoi avons-nous tendance à nous endormir en l’absence de stimulants motivants, c’est-à-dire lorsque nous nous ennuyons ?

La régulation du sommeil par des facteurs cognitifs et émotionnels

La régulation du sommeil par des facteurs cognitifs et émotionnels


Perdu dans votre activité préférée vous êtes sans aucune envie de dormir, alors que ce serait pourtant le moment d’aller rejoindre les bras de Morphée et le Marchand de sable.

A l’inverse, par exemple lors de conférences ennuyeuses, vous tombez sous le poids d’un sommeil lourd et profond.

En tant qu’humains, nous défions souvent la somnolence et nous restons éveillés lorsque l’attention est nécessaire (en voiture par exemple), mais nous ressentons aussi le désir incontournable de dormir dans des situations ennuyeuses.

Les mécanismes cérébraux régissant la régulation du sommeil par des facteurs cognitifs et émotionnels ne sont pas bien compris.

De nouvelles voies thérapeutiques contre l’insomnie
Personne souffrant de narcolepsie © Jimmy Braun

De nouvelles voies thérapeutiques contre l’insomnie


Un nouvel article publié dans la revue scientifique Nature Communications précise qu’une partie du cerveau qui est associée à la motivation et au plaisir — le noyau accumbens (nucleus accumbens) — peut également produire le sommeil.

Les nouveaux résultats peuvent expliquer pourquoi nous avons tendance à nous endormir en l’absence de stimulants motivants, c’est-à-dire lorsque l’ennui est roi.

Le noyau accumbens fait partie des centres du plaisir dans le cerveau. Il a un rôle central dans le circuit de la récompense et son fonctionnement repose principalement sur deux neurotransmetteurs majeurs : la dopamine, qui favorise le désir et l’envie, et la sérotonine, liée à l’inhibition et à la satiété.

Les chercheurs de l’Institut international de médecine du sommeil de l’Université de Tsukuba au Japon et du Département de pharmacologie de l’Université Fudan en Chine, ont utilisé des techniques chimio-génétiques (molécules chimiques) et optiques pour contrôler à distance les activités des neurones nucleus accumbens et les comportements que ces derniers contrôlent.

En résumé, l’équipe sino-japonaise a découvert que les neurones nucluus accumbens ont une capacité extrêmement forte à induire le sommeil qui ne se distingue pas de la composante majeure du sommeil naturel, connue sous le nom de sommeil à ondes lentes (SOL), car il se caractérise par une tension lente et élevée des ondes cérébrales. La clef serait dans un sous-type spécifique de récepteurs d’adénosine.

Effet de l’octacosanol sur la régulation du sommeil
« Inemuri », sieste dans les transports au Japon © Jimmy Braun

Les récepteurs A2A de l’adénosine


Les effets « somnogènes » de l’adénosine sont connus. L’adénosine est un acide aminé qui joue un rôle important dans la transmission du message hormonal et dans le fonctionnement général de l’organisme et le métabolisme énergétique du corps. L’adénosine est depuis longtemps connue pour représenter un état de déficience énergétique relative et pour induire le sommeil par ses récepteurs.

Un sous-type spécifique de récepteurs d’adénosine, les récepteurs A2A, sont densément exprimés dans le noyau accumbens. Par exemple, la caféine, le psychostimulant le plus consommé dans le monde après le thé (thé vert, thé vert matcha, thé noir), produit son effet d’excitation également dans le nucléus accumbens en bloquant les récepteurs A2A.

Enfin, les composés qui activent les récepteurs A2A dans le noyau accumbens peuvent ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques sûres pour traiter l’insomnie, qui est l’un des troubles du sommeil le plus courant, avec une prévalence estimée de 10 à 15% dans la population générale et de 30 à 60% dans la population âgée.

© Blog Nutrition Santé – Jimmy Braun – Septembre 2017


Sources externes

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